Inégalités, “Just beat it”

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Au cœur des marchés

Au cœur des marchés

Le forum de la Fed à Jackson Hole a éteint sa session en ligne sans laisser de traces importantes sur les marchés financiers polarisés par l’annonce de J. Powell sur le programme de rachats d’actifs obligataires par la Fed. Pourtant, le titre du séminaire annuel rassemblant académiques, banquiers centraux et trésoriers en dit long sur les préoccupations actuelles des banques centrales : « macroeconomic policy in an uneven economy ». En effet, le combat des inégalités financières accentuées par l’inflation des prix des biens et services ou celle des actifs (mobiliers et immobiliers), se situe au cœur des efforts des banquiers centraux.

 

L’inflation des biens et services tout d’abord, dans les économies développées, est alimentée principalement par les salaires et les revenus du travail ; en scrutant de près les chiffres de l’emploi (décevants pour ce mois d’août), par une batterie d’indicateurs de disparités, la Fed ne se contente plus de l’objectif de plein emploi (taux de chômage minimum inflationniste -NAIRU) pour orienter sa politique des taux d’intérêt. Parmi les indicateurs suivis de près dans toutes les catégories de qualifications, d’âges, d’ethnies, figure le taux de participation (volonté de participer au marché de l’emploi) aux côtés du taux de chômage. Ces indicateurs permettent d’identifier les sources d’inégalités de revenus du travail. A cet égard, les dégâts de la récente récession peuvent aller du simple au double : il est donc préférable d’être blanc, âgé de plus de 55 ans et diplômé supérieur. 90% des emplois non-recouvrés de la crise sont à bas salaires (inférieurs à 15 dollars l’heure). Pour contrer ces inégalités d’inflation, selon les académiques à Jackson Hole, l’instrument conventionnel des taux d’intérêt est le plus approprié (stimule/restreint équitablement les crédits pour tous les acteurs économiques).

 

En revanche, l’utilisation d’instruments non-conventionnels (taux négatifs et rachats d’actifs) est plus controversée. En inondant de liquidités, en homogénéisant le coût du temps (peu de différence entre un taux d’intérêt à court et long termes), en absorbant les titres obligataires disponibles, la Fed et ses homologues internationaux forcent une réallocation des portefeuilles d’actifs financiers (actions, obligations, liquidités) et immobiliers. En résulte une accélération des disparités de richesse ; heureux les propriétaires d’immeubles de plus de 55 ans et détenteurs de portefeuilles de titres quand l’inflation des actifs créent des inégalités de richesse criantes. En Suisse, France, Italie, Espagne, Norvège, l’appréciation de la fortune privée a été entretenue principalement par les actifs immobiliers. Sachant que la Suisse compte seulement 38% de propriétaires, la distribution des richesses qui en résulte est forcément très inégale. Presse donc la normalisation monétaire. Alors pas question de tergiverser au son de Jackson: les inégalités financières, « just beat it ».