Bien choisir sa caisse de pension

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Si je quitte mon statut de salarié pour créer ma SARL, comment organiser mon 2e pilier ?

 

Pour qui veut créer son entreprise, le choix de la forme juridique est une étape cruciale, et il est essentiel de noter que toutes les formes juridiques ne peuvent pas donner lieu au retrait de la LPP. Seules les raisons individuelles ou la société en nom collectif permet de retirer sa LPP. Dans le cas d’une Société à Responsabilité Limitée ou une Société Anonyme, cette démarche n’est pas possible. Dans ce cas, il convient de transférer son « avoir de libre passage » (épargne accumulé) dans la nouvelle caisse de pensions. Donc, pour celui qui devient salarié de sa société et dont le revenu dépasse les CHF 21'510.- par an (en 2021), il faut souscrire à une caisse de pensions qui peut être une fondation commune LPP. In fine, c’est la taille de l’entreprise qui déterminera la meilleure option.

 

Alors, quels sont les éléments et les questions à se poser pour choisir judicieusement sa caisse de pensions ? Tout d’abord, il faut savoir que l’étendue des prestations dépend des cotisations versées par l’entreprise et par l’entrepreneur.  Est-ce que ces cotisations sont celles fixées par la loi (prescription minimale) ou s’agit-il de cotisations qui sont au-delà ? Quel est le salaire assuré ? Est-il plafonné ? Si par exemple l’entrepreneur gagne CHF 100'000.- par an mais que le salaire assuré maximal déterminant est de CHF 86'040.- (en 2021), cela voudrait dire que le système choisi est probablement le système minimal. Par contre, si le salaire assuré est égal à celui déclaré à l’AVS, alors l’entrepreneur dispose d’une bonne prestation ! Une information importante est le « taux de couverture ». En effet, sauf quelques particularités, les caisses de pension doivent garantir à tout moment qu'elles peuvent honorer leurs engagements. Si ce taux est d’au moins 100% cela veut dire que la situation financière de la caisse est équilibrée. Si cela n’est pas le cas, alors des mesures d’assainissement peuvent intervenir. Il faut également se renseigner sur la manière dont la fortune de la caisse est placée. La stratégie est-elle conservatrice ou agressive ? Quelle est la part faite aux actions : 40% ou plutôt 25% comme la plupart des caisses ? Est-ce que le rendement correspond à l'Intérêt minimal de 1% que toute caisse doit verser aux assurés pour la partie minimale ? Avoir un taux de couverture à 100% ne suffit pas, encore faut-il que la réserve de fluctuation soit également constituée. Cette réserve sert à couvrir les risques de fluctuations des investissements en actions et en obligations notamment. Quel est le niveau de cette réserve dans la caisse ? Un autre élément à analyser est le taux de conversion. Celui-ci est le taux que l'on utilise pour convertir le capital accumulé jusqu'à la retraite en rente. Par exemple, pour un homme de 65 ans qui a accumulé CHF 600'000.- et dont la caisse pratique le taux de conversion fixé par la loi pour la partie obligatoire, c'est-à-dire 6.8% (en 2021), alors la rente s’élèvera à CHF 40'800.-. Alors, quel est le taux appliqué par la caisse ? La plupart des réponses aux différentes questions soulevées dans cet article se trouvent dans le certificat reçu chaque année, dans le règlement de prévoyance de la caisse et dans le rapport de gestion. Bonne lecture ! Une dernière chose. Si tout cela semble compliqué, il convient alors de consulter le gérant de la caisse ou un conseiller patrimonial. C’est de santé financière dont il s’agit !

 

Capital accumulé dans la caisse de pension à la retraite : CHF 600'000


  * Directeur Wealth solutions, BCGE