Comment trouver l’indépendance financière

BCGE Column "Chronique bancaire" published on 17th of June 2020 in Bilan.

Comment trouver l’indépendance financière

Lorsque l’on évoque la planification financière, force est de constater que l’époque est aux changements importants. Dans le domaine social on observe le vieillissement de la population, le faible taux de natalité et l’allongement de l’espérance de vie. Au niveau professionnel, le relèvement de l’âge de la retraite, le développement du temps partiel et du télétravail, etc. A ces tendances de fond s’ajoutent les turbulences des marchés financiers que nous vivons aujourd’hui, de sorte qu’il est de plus en plus difficile de faire des prévisions, notamment financières. Alors que faire ? Rappelons-nous les mots célèbres de Sénèque : « Il n’y a de vent favorable pour celui qui ne sait où il va ».

Le point de départ pour diminuer toute incertitude financière future est de se poser la question « Comment trouver l’indépendance financière ? » ; et pour trouver la réponse à cette question, il faut suivre une démarche en plusieurs étapes, certaines plus philosophiques que matérielles. La première est de prendre le temps de faire le point sur sa vie. La situation sanitaire actuelle se prête à cela. Qu’est-ce que je veux en faire ? Quel est le train de vie que je souhaite mener ? Dois-je changer d’emploi ? Dois-je continuer à me former pour garder mon employabilité ? Dois-je créer ma société ? Est-ce que je souhaite arrêter de travailler plus tôt que prévu ? Quels sont mes objectifs à court, moyen et long terme ? Etc. La deuxième est de bien chiffrer ses besoins financiers. Pour cela, il faut préparer deux budgets : l’un sur les besoins actuels qui tienne compte des charges fixes et variables, celles-ci étant forcément limitées dans le temps car suivant la situation dans le cycle de vie ; l’autre pour le jour où l’on a l’intention d’arrêter son activité lucrative, date à laquelle les frais diminueront (par exemple plus d’enfants à charge, un seul véhicule, en principe moins d’impôts sur le revenu, etc.).

Une fois ces deux premières étapes réalisées, il faut suivre un cheminement en paliers. Le premier consiste à gagner suffisamment pour couvrir ses dépenses et celles de sa famille le cas échéant. Dans cette situation, le moindre accident (incapacité par accident, maladie ou un malheureux décès) peut faire sombrer dans de graves problèmes financiers et éventuellement mener au surendettement. Le remède : bien contrôler les prestations de risques liées à l’AVS et à la caisse de pension. Faire un bilan de prévoyance s’avère très utile pour déterminer les lacunes financières. S’il en résulte que les prestations ne sont pas suffisantes, il convient alors de souscrire à des assurances pour se couvrir.

Le deuxième palier est de gagner suffisamment pour épargner. Il s’agit ici de privilégier l’épargne via la caisse de pensions et la prévoyance individuelle car ces investissements sont déductibles du revenu. Pour la caisse de pension, le certificat indique le rachat potentiel ; à défaut, la caisse de pension peut transmettre cette information. Attention de ne pas tout racheter en une fois mais de privilégier un étalement des rachats dans le temps. Pour l’indépendant ou le chef d’entreprise qui peut fixer lui-même le salaire assuré à la LPP, l’on conseillera par exemple de déplafonner le salaire assuré en fonction du revenu réel réalisé. Pour les subtilités, n’hésitez pas à consulter votre conseiller patrimonial. Pour la prévoyance individuelle liée, il y a des plafonds à ne pas dépasser. Une personne assujettie à une caisse de pensions peut investir au maximum CHF 6'826.- par an. Une personne qui n’est pas affiliée peut investir 20% de son revenu AVS mais au maximum CHF 34'128.-.

Le troisième palier consiste à prendre plus de risque et investir de manière un peu plus dynamique selon sa capacité objective et subjective à prendre des risques. Là aussi, avant de se lancer dans des placements hasardeux, il est judicieux de se tourner vers son conseiller financier.

Mais, le rêve de tout investisseur est d’arriver au quatrième et dernier palier, celui où les revenus passifs couvrent les dépenses. Qu’entend-on par-là ? Il s’agit de revenus qui proviennent principalement de deux sources : les loyers encaissés à la suite de placements immobiliers et les rendements des investissements, ces revenus étant compris comme étant totalement indépendants de l’activité « réelle ». Devenir financièrement indépendant signifie être en mesure de choisir véritablement les activités qui nous passionnent. Le devenir devrait être l’objectif de tous ceux qui veulent mettre plusieurs vies dans leur vie. En effet, concilier ses passions et gagner un revenu peut s’avérer difficile. Le rêve ultime étant de trouver une passion qui pousse à se lever tôt le matin, qui maintienne en forme en permettant de gagner sa vie. Le point commun entre développer sa passion et ses finances : il faut commencer tôt !

Les paliers de l’indépendance financière

  1. Gagner suffisamment pour couvrir ses dépenses, le cas échéant celles de sa famille

  2. Gagner suffisamment pour épargner

  3. Prendre plus de risques et investir de manière un peu plus dynamique

  4. Vivre de ses revenus « passifs »



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Chronique bancaire publiée le 17 juin 2020 dans Bilan.

Albert Gallegos*


*Directeur, Wealth Planning BCGE