Optimiser sa caisse de pensions en vue d’une transmission d’entreprise

This content is only available in French

Optimiser sa caisse de pensions en vue d’une transmission d’entreprise

Le tissu économique suisse est constitué à 80% d’entreprises familiales et près du quart de ces sociétés prévoit une succession au cours des 5 prochaines années. La question de la transmission d’entreprise revêt donc un caractère fondamental, surtout si l’on considère qu’une transition mal planifiée peut conduire une entreprise à sa perte. Mieux vaut dès lors anticiper le processus d’analyse long, complexe et multidisciplinaire dans lequel un élément est souvent négligé : la caisse de pensions.

 

Dès CHF 21'330 de salaire, la loi impose l’affiliation à une caisse de pensions. Il est tout à fait compréhensible qu’au moment de la création de l’entreprise, l’entrepreneur choisisse un plan de prévoyance de base aussi appelé « Plan minimum LPP ». Mais des années plus tard, lorsque les affaires se sont consolidées et que le temps de la transmission arrive, un manque de préparation peut générer un manque à gagner. En réalité, lorsque la société est bien implantée, la prévoyance professionnelle devrait être considérée comme une alliée du chef d’entreprise et non comme une charge. En effet, l’ensemble des cotisations versées par l’entreprise dans la caisse de pensions sont déductibles du bénéfice d’exploitation. Il en va de même pour l’entrepreneur qui peut déduire de son revenu toutes les cotisations versées, qu’il s’agisse de cotisations ordinaires et de rachats c’est-à-dire de cotisations extraordinaires résultant, entre autres, d’une augmentation de salaire ou d’un changement de plan au sens d’une amélioration des prestations de retraite.

 

La loi permet, dans des limites assez larges, le choix du niveau de prestations fournies par la caisse de pensions. Or, entre l’option minimale et l’option maximale, la différence est conséquente. En effet, le salaire assuré peut aller de CHF 1 à 853'320. Quant au niveau de cotisations, il peut s’élever jusqu’au 25% du salaire assuré et ceci entre 18 et 65 ans. Alors quel niveau de caisse de pensions choisir ? Cela dépend de plusieurs paramètres tels que la marche des affaires bien-sûr, mais également de l’approche sociale de l’entreprise, y compris envers les cadres dirigeants, et de la connaissance du fonctionnement du système suisse de prévoyance. Prenons l’exemple de 3 chefs d’entreprise (Nicolas, François et Fabien) ayant chacun un salaire de CHF 150'000. La différence d’épargne accumulée entre la caisse de pensions servant le minimum et celle qui est la plus généreuse est abyssale ! Nicolas, qui ne s’est jamais préoccupé de sa prévoyance professionnelle, a opté pour le salaire assuré fixé par la loi et a épargné à 60 ans un capital de CHF 331'263. François, qui a été mieux conseillé, a assuré son revenu dans sa totalité en cotisant, selon la loi, 7, 10, 15 et 18% entre 25 et 65 ans par palier de 10 ans. En ayant déplafonné son salaire, il a accumulé sur la même période CHF 822'197. Fabien quant à lui, a non seulement déplafonné son salaire (comme François), mais il a également versé le maximum pour la retraite, c’est-à-dire 25% de son salaire assuré. Il a ainsi épargné, toujours sur la même période, CHF 1'874'793 !

 

Cette épargne cumulée influencera-t-elle le prix de vente de la société lorsque le temps de la transmission sera venu ? Evaluer la valeur d’une entreprise est certainement l’étape la plus critique de la transmission, aussi bien pour le cédant que pour le repreneur. Pour ce faire, il existe de nombreuses méthodes de calcul : la valeur intrinsèque, la valeur de rendement en utilisation la méthode du cash-flow actualisé ou des multiples de marché, entre autres. Ces méthodes se basent-elles sur une analyse de la caisse de pensions ? Ce n’est pas le critère prépondérant, mais comme démontré ci-dessus la différence pour le chef d’entreprise peut se chiffrer en milliers de francs. Pour faire face au défi de taille que représente la transmission d’entreprise, il est indispensable de se faire accompagner par des spécialistes chevronnés et avant cela d’optimiser sans tarder sa prévoyance professionnelle.
Nicolas François Fabien
Salaire brut
CHF 150'000
CHF 150'000
CHF 150'000
Salaire assurée LPP
CHF 60'435
CHF 150'000
CHF 150'000
Bonification pour l'épargne
7, 10, 15, 18% du salaire assuré. Entre 25 et 60 ans par tranche de 10 ans
7, 10, 15, 18% du salaire assuré. Entre 25 et 60 ans par tranche de 10 ans

25% du salaire assuré.

Entre 25 et 60 ans
Rendement à long terme projeté
2%
2%
2%
Capital épargné à 60 ans
CHF 331’263
CHF 822’197
CHF 1'874’793

*Directeur, Wealth Planning BCGE