Patrimoine, l’optimisation est une question de temps

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D’un point de vue financier, le patrimoine désigne les biens sur lesquels on peut faire valoir un titre de propriété ou un droit et qui peuvent être vendus ou cédés. Les biens qui composent le patrimoine sont appelés des « actifs ». Il peut s’agir de propriétés immobilières (terrain, logement, maison), de biens professionnels (entreprise personnelle, fonds de commerce), de placements financiers (compte épargne, dépôt bancaire, actions ou part de fonds de placement), de biens mobiliers (objets d’art ou de collection). A cela, il faut également ajouter les droits tels que brevets, droits d’auteur, droit d’usufruit, ainsi que les avoirs de prévoyance (caisse de pension, prévoyance individuelle, contrats d’assurance-vie ayant une valeur de rachat). De l’ensemble du patrimoine au moment de l’évaluation, il convient de déduire les dettes et/ou obligations (comme par exemple l’obligation de verser une pension alimentaire en cas de divorce) pour obtenir le patrimoine net qui constitue la véritable mesure de la « richesse ».

 

Une fois accumulé, le patrimoine a deux fonctions principales : satisfaire un besoin ou une envie comme le financement d’un logement, d’un voyage, etc. ; rapporter un revenu comme un bien immobilier loué, un capital investi dans sa propre entreprise, les actifs financiers qui versent des dividendes, l’épargne réalisée dans sa caisse de pensions, etc. Idéalement, il faudrait constituer un patrimoine de rendement dès que possible en tenant compte de l’horizon de placement. A ce titre, la durée, exprimée en années, est une notion capitale car c’est elle qui va dicter les choix d’investissement en fonction de différentes classes d’actifs. Le court terme (CT) est un horizon temps restreint et correspond à une formule de gestion sans risque, comme un compte épargne ou tout investissement offrant une garantie de revenu sur la durée prévue. Le moyen terme (MT) est une période où une prise de risque importante n’est pas conseillée, car sur cette durée, les marchés financiers peuvent baisser fortement et ne pas complètement se redresser (par exemple comme lors de la crise boursière de 2008). Avec une bonne diversification en actions, il devient possible d’obtenir plus de rendement qu’avec des produits à court terme. Sur le long terme (LT), le temps devient un allié précieux. Il permet d’investir sur des marchés qui connaissent de fortes variations mais, qui sont historiquement les plus rentables sur les durées… longues, ayant la possibilité de se redresser après les crises avant d’atteindre de nouveaux sommets. Le cœur de la problématique est de définir avec précision la durée effective en années correspondant à chacune de ces périodes, les définitions étant aussi nombreuses que les conseillers financiers (voir tableau). Or, il est indispensable de clarifier ces notions avec son conseiller afin de réduire, le plus possible, le risque d’erreur d’évaluation dans le choix d’un investissement. Pourquoi cela est-il important ? Pour certaines personnes, une période de trois ans correspond déjà à du long terme, alors que dire de 20 ans ?

 

Pour cet article, nous proposons d’utiliser les échéances suivantes : CT entre 0 et 3 ans, MT entre 3 et 8 ans, LT entre 8 ans et plus. Quelques exemples : Nadine, 22 ans, commence à percevoir un revenu et décide de se constituer une épargne. Son horizon temps ? Plus de 8 ans. Elle peut donc opter pour un investissement à 100% en actions diversifiées. Erik, 30 ans, souhaite épargner les fonds propres nécessaires à l’acquisition d’un appartement qu’il envisage d’acheter dans 5 ans. Doit-il investir à 100% dans des actions ? Selon notre point de vue, non. Il n’a pas assez de temps et devrait donc choisir un portefeuille équilibré contenant 50% d’actions. Laura, 60 ans, souhaite prendre une retraite anticipée à 63 ans et table sur un capital de CHF 50'000.- pour financer sa baisse de revenu, ainsi que l’année de cotisation manquante pour l’AVS qu’elle ne touchera qu’à partir de 64 ans. Son horizon temps est très court pour prendre des risques financiers et son choix d’investissement ne devrait comporter qu’une part de 25% d’actions.

 

Ainsi, l’horizon temps doit être mis en lien avec le profil de risque de l’épargnant et permet la distinction entre investissement et spéculation. Comme l’a dit Benjamin Graham, célèbre investisseur et mentor de Warren Buffet : « en bourse, tu as deux choix : t’enrichir lentement ou t’appauvrir rapidement. »

 

*Directeur Wealth solutions, BCGE
Mesure du temps court terme moyen terme long terme
Banque 1
0 - 1
1 - 3
>3
Banque 2
0 - 2
2 - 5
>5
Banque 3
0 - 3
3 - 6
>6
Notre proposition
0 - 3
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>8