Trop « taux » pour resserrer !

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Alors qu’il est encore trop tôt pour faire les comptes définitifs de fin d’année sur les gains des classes d’actifs, dans la confusion entre bonnes et mauvaises nouvelles, le repère des investisseurs s’est à nouveau figé sur les banques centrales et sur les annonces successives enregistrées en milieu de mois. Aucune d’entre elles n’a créé la surprise ainsi que leur rôle de stabilisateur financier le requiert.

 

Au rang des bonnes nouvelles, le cycle économique s’est installé, du moins encore pour quelques trimestres, dans une croissance tirée par le moteur des entreprises, de leurs carnets de commandes garnis tant à l’exportation qu’en domestique, de leurs investissements en équipements et en capacités de production ou d’emplois ; à l’image du cycle des semi-conducteurs qui ne semble pas encore tendre vers la modération mais reste sollicité de toutes parts. Malgré la cinquième vague qui se répand, le particulier a adapté progressivement son arbitrage entre consommation et épargne, en utilisant des canaux de distribution alternatifs. Bref, un cycle économique qui pourrait paraître idéal sauf que…

 

…s’y associent néanmoins de mauvaises nouvelles. La persistance du virus et de ses effets pandémiques altère non seulement la santé psychique et physique des particuliers, mais maintient des effets indésirés notamment sur l’inflation. Prix de l’énergie, des matières premières et des prix importés continuent de préoccuper et alimentent les injonctions aux banques centrales. La Fed a dû retirer son adjectif « transitoire » à l’inflation. Autant Jerome Powell (Fed) que Christine Lagarde (BCE) ont consenti à réduire les largesses des liquidités en anticipant l’échéance des programmes de rachats exceptionnels de titres. Pourtant, pas de précipitations pour relever les taux d’intérêt. Les banques centrales sont-elles réellement en train de prendre un risque démesuré ? L’ajustement des taux doit-il être automatique aux niveaux de croissance et d’inflation enregistrés ?

 

Pour y répondre, l’analyse des causes et des remèdes est indispensable. En tête de liste des causes des pressions inflationnistes apparaissent le manque d’approvisionnement, de stockage et de capacités de production de biens. Le cycle des investissements s’impose alors comme seul remède pour assurer la fluidité de l’offre. Or, un resserrement des conditions de financement interromprait la mise en place de la solution. Trop « taux » pour resserrer, les banques centrales ne peuvent ainsi pas créer la rupture en redressant drastiquement les taux d’intérêt comme les conditions de croissance et d’inflation actuelles pourraient le suggérer. Le coût de financement doit rester bien en-deçà de la progression de valeur ajoutée des entreprises pour extraire les bénéfices à long terme de ces investissements : la productivité.

 

Pour passer les fêtes sereinement, retenons que la productivité est l’enfant parfait qui combine toutes les qualités du couple travail et appareil de production. Les entreprises renforcent actuellement leurs efforts pour l’engendrer. Continuons de leur faire confiance sans leurs imposer d’obstacles monétaires ou économiques, pour qu’elles puissent être garantes de la croissance de leurs « enfants ».

 

Joyeuses fêtes de fin d’année.